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Envoyé par Rabbi Hershy Drookman
Chers amis,
Je sais que le jour de commémoration de la Shoah est déjà passé. Cependant, avec votre permission, je vais revenir quelques semaines en arrière.
Il y a encore aujourd'hui des personnes qui nient la réalité de la Shoah. C'est un fait. En France, en Europe, en Amérique et bien évidemment en Iran et d'autres encore. Nous savons pertinemment que c'est un mensonge grossier, sans parler des allégations ridicules de ces négationnistes. Et plus, comment est-il possible de contester l'évidence d'un évènement aussi tragique que la Shoah alors que vivent encore parmi nous des milliers de rescapés ? Alors que, chaque année pour le Yom Hashoah, se rassemblent des milliers de participants venus du monde entier pour la « Marche des Vivants » sur le site même des camps de la mort, et en tête du cortège, des survivants ? Et les films ? Et les photos ? Et les nombreux témoignages ? Cela ne peut être que la stricte vérité.
Toutefois, si un jour, dans de nombreuses années, notre petit-fils revient de l'école et nous demande si la Shoah a réellement eu lieu ou si cela a été exagéré ou si ce n'est qu'une histoire que les juifs ont inventée pour pouvoir se construire un Etat au Moyen-Orient, nous pourrons lui expliquer que ce ne sont que sornettes et absurdités parce que nous avons vu de nos propres yeux des rescapés des camps de la mort, nous avons bien connu des voisins qui avaient un numéro tatoué sur le bras, nous avons participé à des Marches des Vivants en Pologne avec, en première ligne, des survivants vêtus de leurs habits de prisonniers, ces habits mêmes qu'ils avaient portés à Auschwitz. « Regarde-nous droit dans les yeux » lui dirons-nous et vois les yeux qui ont vu leurs yeux remplis d'angoisse. Bien sûr qu'il nous croira.
Cela parait absurde n'est-ce pas ? Oui. Et pourtant, je pense à cela chaque année, de nouveau, à l'approche de la fête de Chavouot. Cette fête qui nous rappelle le Don de la Torah au pied du Sinaï. Cela est également ravivé par les nombreuses questions que l'on me pose souvent ou que je me pose moi-même « Est-ce que c'est vraiment arrivé ? Est-ce que tu crois réellement que D-ieu, dans sa Toute Puissance, s'est révélé à tout un peuple dans son ensemble ? Est-ce qu'Il nous a véritablement donné la Torah avec ses multiples lois et détails ?
C'est alors que je pense aux yeux de mon père. Qui ont vu les yeux de mon grand-père. Qui a vu son père qui a vu son père et ainsi de suite.
Je regarde autour de moi et j'observe mes amis de tous milieux, religieux et laïques, plus ou moins croyants, et tous peuvent regarder les yeux de leurs grands-parents qui ont vu les yeux de leurs parents qui ont vu les yeux qui ont vu les yeux .... en remontant jusqu'au Don de la Torah. Tout en sachant avec certitude que personne n'a menti dans cette chaine. Et que c'est une Torah vraie.
Bonne fête à tous, accueillons avec joie et intensité, à nouveau, la Torah.
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Envoyé par Rabbi Hershy Drookman
Je vous écris ces quelques lignes le jour même de Yom Hashoah. Dimanche 27 nissan 5770. Lors de mes voyages en Israël, on me demande fréquemment si, réellement, il y a encore de l'antisémitisme en France. Est-ce que vraiment on y déteste les juifs?
A mon avis- il est possible que je sois dans l'erreur- à notre époque, en France, se côtoient deux formes d'antisémitisme. La première relève d'un antisémitisme relativement nouveau provenant de la deuxième génération d'immigrants de pays arabes. N'importe quelle personne visiblement juive est accoutumée aux mots de « sale juif » ou autres insultes semblables. Parfois accompagnés d'un crachat. Nous sommes déjà habitués à cela. Ils nous haïssent où que nous soyons.
Cependant il existe un antisémitisme pire encore que celui-ci. C'est l'antisémitisme classique. Qui persiste jusqu'à aujourd'hui. Même s'il est plus policé et raffiné.
Savez-vous, mes chers amis, qu'en Amérique, par exemple, vous pouvez trouver des hommes qui portent barbe et Kippa dans n'importe quel bureau ? Public ou privé. A commencer par les employés de l'aéroport et jusqu'aux avocats ou aux éminents docteurs.
Leur clientèle n'est pas uniquement composée de membres de la communauté. Ils sont simplement professionnels et travaillent efficacement. Ils connaissent donc la réussite. Kippa ? Barbe ? C'est un détail individuel qui éveille en général un certain intérêt, de la considération. Un véto, non. Pourquoi ici, nous ne nous attendons jamais à rentrer dans une banque et y voir un employé avec une kippa ? Nous connaissons la réponse, parce qu'un salarié qui porte une kippa ne sera jamais engagé par quelque banque que ce soit. Personne ne voudra travailler avec lui non plus. C'est de l'antisémitisme. C'est de la fermeture d'esprit, C'est du fanatisme séculier.
Le plus ridicule est que les juifs sont tellement habitués à cette situation, qu'elle leur semble normale. Quoi ? Mettre une kippa ? M'affirmer en tant que juif ? Ce n'est pas bien, ça ne se fait pas. Nous ne sommes pas chez nous. Nous marchons sur la pointe des pieds et essayons de ne déranger personne par notre présence.
Je ne suis pas en train de dire qu'il nous faut hurler et provoquer. Mais nous n'avons absolument pas être embarrassés d'être nous-mêmes. Par contre nous avons vraiment de quoi être fiers.
Si on ne nous aime pas ici, ce n'est pas notre problème. C'est en eux qu'est le problème.
Réfléchissons-y un moment. Donnez-moi votre avis, je serai ravi de le lire.
Chabat Chalom
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Envoyé par Rabbi Hershy Drookman
Chers amis,
Cette semaine, nous comémorons la journée de la Shoah dans de nombreux pays, principalement en Europe. Mr le Président Shimon Peres s'est adressé au Parlement allemand, qui a poliment applaudi. Ils ont tous demandé pardon et promis que cela ne se reproduirait plus.
En reflechisant sur ces évenements, une chose me dérange particulièrement. Si la Shoah avait eu lieu dans un pays de barbares, un pays primitif ou sous-développé, quelque part en Afrique, nous aurions considéré plus compréhensible que des incultes puissent atteindre un tel niveau: délibérément, sciemment tuer six millions de personnes. Mais en Europe ? Qui plus est en Allemagne? Un pays qui était ( et qui est toujours ) le symbole de la civilisation, de l'érudition et de la courtoisie. Comment cela a t-il pu se produire? Les nazis ont-il perdu leur valeur humaine? Pourquoi ont-ils agi ainsi?
La réponse à cette question fondamentale figure dans la Paracha de cette semaine, qui sera lue dans toutes les synagogues du monde ce Chabbat. Nous y contons le don de la Torah au pied du mont Sinai, un phénomène extraordinaire. Or, en lisant les dix commandements, nous pouvons constater qu'une partie d'eux est tout à fait adaptée à ce noble événement, tandis que l'autre parait, dirons-nous avec délicatesse, impropre.
Le fait que D.ieu ordonne de croire en son unité est compréhensible. En effet, il est tout à fait judicieux et cohérent que D.ieu incombe a son peuple de tels commandements lorsqu'Il se dévoile à eux pour la première et unique fois. Toutefois, évoquer les interdictions concernant le meurtre et le vol ne nécessitent en aucun cas un événement mémorable tel que celui du don de la Torah. N'aurions-nous pas pu comprendre cela par nos propres moyens?
Non! Et l'Allemagne en est la preuve vivante. Il est possible d'être des hommes civilisés, cultivés et instruits. Il est possible d'être des individus fidèles, des étudiants sérieux, des travailleurs assidus. Cependant, lorsque ces valeurs ne sont pas fondées sur la foi et la croyance en D.ieu - une croyance profonde et surnaturelle, il n'y a aucune garantie que des pensées incensées et aberrantes ne puissent surgir pour faire qu'un homme se comporte avec un tel sadisme, une telle cruauté ; au point de tuer, assassiner, piller et corrompre.
Nous n'avons même pas besoin de vous convaincre, vous le savez déjà. Nous l'avons vu il y a 65 ans.
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Envoyé par Rabbi Hershy Drookman
Alors, quel aura été l'évènement marquant de la dernière décennie ?
ont demandé/ écrit / résumé tous les journaux, ces jours-ci. Pour beaucoup d'entre eux, il est évident que l'attentat qui a frappé les tours jumelles le 11 septembre a été la catastrophe majeure et significative qui a changé, d'une certaine manière, la face du monde ces dix dernières années.
Cela m'a ramené à ce matin du 11 septembre 2001, je me trouvais dans ma chambre, interne à New York, quand un camarade a surgi en hurlant qu'un méga-attentat se produisait ici-même, à coté de nous. Je me suis précipité en courant sur le toit du bâtiment, avec des dizaines d'autres élèves. Et là nous avons assisté en direct à la chute de la deuxième tour. Aussi incroyable que cela paraisse, sous nos yeux.
Personne ne pouvait croire que c'était réel. Nous étions sûrs qu'il s'agissait d'un film, de magie, de quelque chose d'extraordinaire que seuls les États-Unis peuvent réaliser. Dans quelques heures, nous sortirions de ce rêve et tout aurait repris sa place. Mais quand nous sommes descendus finalement dans la rue, nous avons vu les centaines de voitures policières, les ambulances, les avions de chasse dans le ciel, une ville entière prise de panique. Nous avons compris que c'était la terrible réalité.
Cette peur qui nous a assaillie ce jour-là, me revient souvent. Ainsi que la douleur générale qui a frappée tant d'hommes en dehors de toute considération de continent, religion ou nation.
Le monde entier s'est transformé à la suite de cet acte insensé d'une poignée de terroristes. Quelle tristesse que pour changer le monde et devenir l'évènement de la décennie, tant de deuils soient nécessaires. De malheurs. De catastrophes.
Serions-nous capables de faire écho à un évènement positif et heureux, au point d'en faire l'évènement marquant de la décennie ?
Nous le saurons dans dix ans....
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Envoyé par Rabbi Hershy Drookman
Chers amis,
La semaine dernière, je vous avais promis une histoire qui s'est passée ce H'anouca, la voici.
Comme chaque année, le Beth H'abad de Saint Maur a placé plusieurs H'anoukiyot sur des voitures, durant toute la fête de H'anouca. L'un de ces véhicules appartient à Mme Malai, qui, pour la deuxième année consécutive, a orné d'une belle H'anoukiya sa belle auto.
Le premier jour de H'anouca, alors que Mme Malai se tenait à coté de sa voiture, une femme est passée à proximité et lui a demandé : « Est-ce que vous êtes le Beth loubavitch de Saint Maur ? » Mme Malai lui a répondu par la négative, mais que ce n'était pas obligatoire d'être un Beth H'abad pour se réjouir et proclamer le miracle de H'anouca...
La femme s'est révélée être une voisine, une juive isolée. « Je ne savais pas que vous étiez juifs » dit-elle à Mme Malai. Cette dernière aussi se réjouit de découvrir une coreligionnaire. Une dame solitaire sans famille aux alentours. Mme Malai l'invita sur le champ à venir passer Chabbatot et fêtes chez elle plutôt que de rester seule.
Quelques jours plus tard, une voiture s'arrêta à coté de Mme Malai au feu rouge, une jeune dame lui demanda où il était possible de se procurer des bougies pour H'anouca. Mme Malai lui répondit puis poursuivit son chemin. Un peu plus tard, elle réalisa qu'elle connaissait la femme et se souvint de l'avoir déjà vue au secrétariat du laboratoire médical qu'elle fréquentait parfois. Mme Malai téléphona de suite au laboratoire et demanda à parler à la jeune femme. « Oui, c'est bien moi, lui répondit son interlocutrice avec émotion. J'ai bien remarqué que vous ne m'aviez pas reconnue. »
Quand elle raconta à Mme Malai qu'elle n'avait pas encore trouvé de bougies de H'anouca, cette dernière l'invita, comme de bien entendu, à visiter la famille Malai. Là elle disposerait de bougies et bien sûr de beignets. La lumière de H'anouca a encore illuminé un cœur juif.
Combien d'autres juifs ont été au contact, et ont vu leur cœur s'éveiller grâce aux H'anoukiot posées sur les voitures ou les balcons des rues françaises ? Cela, nous pouvons juste le deviner...parions que ce sera probablement beaucoup plus que deux....
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Envoyé par Rabbi Hershy Drookman
Dites-moi,vous ne pensez pas que c’est un peu … excessif ? C’est bien beau de fêter H’anouka. Mais pourquoi une H’anoukia aussi grande sur votre balcon ? Et d’abord, pourquoi une H’anoukia sur le toit de votre voiture ? Pourquoi un défilé de H’anoukiyot géantes dans les rues de Paris ?
Oui. C’est ce que l’on m’a demandé cette semaine. Je suis d’ailleurs content que l’on m’ait posé ces questions, ce qui me donne l’occasion de donner quelques explications, et également de la matière pour remplir mon mail hebdomadaire … (c’est juste dommage que cela tombe à H’anouka sur lequel il y a tant à dire. Par contre, toutes les suggestions seront les bienvenues vers la mi-février. A votre bon cœur, fidèles lecteurs ! )
C’est comme ça. H’anouka est une fête merveilleuse, pendant laquelle nous célébrons la victoire des juifs sur les syriens-grecs et le miracle de la fiole d’huile. C’est une fête bien juive mais qui comporte, sans le moindre doute, un message universel, destiné à toutes les nations. Ce message est symbolisé par la lumière. Et tout est dit.
H’anouka symbolise le fait qu’un peu de lumière repousse beaucoup d’obscurité, que même s’il nous semble que nous n’avons aucune chance de surmonter les problèmes et les embûches de la vie, il nous est interdit de baisser les bras et désespérer. H’anouka est l’emblème de l’interdiction de nous contenter du bon niveau que nous avions atteint hier, nous devons chaque jour rajouter, encore et encore, et nous améliorer. Si tout ceci n’est pas un message universel, mais alors qu’est-ce qu’un message universel ?
Oui, mais c’est bon pour Israël, ou à la limite pour les Etats-Unis où l’antisémitisme n’est pas si virulent. Mais pourquoi proclamer H’anouka en France ? N’êtes-vous pas conscient, qu’ici, nous ne sommes pas très aimés ? Nous ne sommes pas chez nous.
Oh, bien sûr. Je le sais et je ressens que ce n’est pas notre maison, ici. Mais justement H’anouka nous apporte à nous aussi son message. Nous ne devons pas avoir honte de nous, de ce que nous sommes et de notre façon de vivre. Au contraire, nous devons être un exemple, une lumière pour toutes les autres nations. Le moment est enfin arrivé de nous libérer de notre sentiment d’infériorité et de nous sentir libre d’être nous-mêmes, en notre religion et nos coutumes (bien entendu sans causer de dommage, de désagrément ou déranger quiconque !) Et vous savez quoi ? Les marques d’intérêt que j’ai reçues de nombreux non-juifs qui m’ont interrogé et même encouragé pour ma H’anoukia accrochée sur la voiture, m’ont poussées à me demander si nous ne nous cachons pas excessivement toute l’année, si le moment n’était pas enfin venu de nous lâcher un peu… ?
J’ai aussi une belle histoire à vous raconter qui m’est arrivée ici, à Saint-Maur avec ma H’anoukia sur la voiture, mais ce sera pour la semaine prochaine.
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